Autisme 2002
Mercure, métaux lourds... toxicités

Woody R. McGinnis, M.D.

Le Dr. McGinnis a étudié à la Colorado Medical School et il est médecin de premier recours, à Tucson. Depuis 1994, ses recherches sont axées sur les facteurs physiologiques liés au déficit de l'attention, l'hyperactivité et à l'autisme.


La présente conférence est dédiée à la mémoire d'Irene (Vicky) Colquhoun (1920-2000)

Comme bien des parents, Vicky se livrait à des recherches et c'est ainsi qu'il y a 20 ans, elle a noté que les enfants hyperactifs présentaient une carence en acides gras. Depuis, des milliers de familles ont pu constater que le zinc et l'huile d'onagre ainsi que l'élimination de certains aliments du régime alimentaire (traitement recommandé par l'Hyperactive Children's Support Group) étaient bénéfiques pour leur enfant.

Santé et autisme: quelles sont les améliorations à apporter

Les enfants autistes présentent habituellement les problèmes suivants : pathologie gastro-intestinale, état nutritionnel sous-optimal, intolérance alimentaire, infections chroniques et accumulations toxiques. Les analyses de laboratoire et une observation clinique viennent compléter le traitement empirique de ces problèmes de santé et on remarque souvent, par la suite, une amélioration importante des troubles du comportement.

Selon l'Autism Research Institute, l'autisme et les TDAH sont attribuables à des problèmes de santé sous-jacents. Nous reconnaissons le fait que ces derniers sont nombreux et qu'ils diffèrent d'un enfant à l'autre. Plusieurs de ces problèmes peuvent être identifiés grâce à la technologie actuelle, et nous savons maintenant que le régime alimentaire est partie intégrante du traitement et qu'il vient le compléter.

Le traitement clinique a beaucoup d'avance sur la recherche scientifique dans ce domaine. Il existe des comptes rendus d'études menées sur certains traitements (vitamine B6 et magnésium, régime sans gluten ni caséine), mais d'autres formes de traitement utiles sont fondées principalement sur des rapports des résultats qui proviennent de parents et de cliniciens. La recherche scientifique peut nous aider à évaluer les résultats obtenus et à déterminer les mécanismes en cause, particulièrement lorsque les interventions sont multiples.

À l'heure actuelle, lorsqu'on parle d'autisme et de TDAH, on doit nécessairement mentionner les troubles gastro-intestinaux, car la plupart des enfants autistes en souffrent.

Troubles gastro-intestinaux et autisme

Chez la plupart des enfants autistes, on constate la présence d'une inflammation qui touche le tube digestif dans son entier. Le Dr Horvath a d'ailleurs découvert qu'environ 70 % de ces enfants souffraient d'œsophagite et de duodénite. Le Dr Wakefield a, pour sa part, constaté que près de 90 % des enfants qui souffrent d'autisme régressif présentent une entérocolite et une hyperplasie lymphoïde nodulaire. L'inflammation chronique donne lieu à un stress oxydatif continu du tissu gastro-intestinal.

Tout ceci vient expliquer la présence de multiples troubles fonctionnels intestinaux. Chez approximativement 60 % des personnes autistes, on note une faible activité des enzymes digestives, ce qui est bien compréhensible, étant donné que ces enzymes sont sécrétées par la bordure en brosse intestinale. Dans de nombreux comptes rendus, on mentionne que l'intestin est poreux, qu'il laisse passer les protéines et que cela entraîne une malabsorption. Chez la majorité des enfants autistes, les cliniciens ont pu remarquer une stéatorrhée et une intolérance alimentaire (production d'IgG). Les douleurs abdominales, la diarrhée chronique, la constipation ou la constipation entrecoupée de diarrhée sont courantes chez les personnes autistes et bien documentées.

L'inflammation gastro-intestinale est attribuable à tous les facteurs suivants : état nutritionnel sous-optimal, prolifération microbienne, allergènes alimentaires et toxines. Ces facteurs produisent des effets similaires qui sont étroitement liés et qui viennent accroître encore davantage l'inflammation. Le mercure et le cadmium se lient fortement à la membrane intestinale et ils sont reconnus pour être caustiques pour la muqueuse intestinale. La dégradation de la muqueuse s'accompagne d'une prolifération microbienne et d'une production de toxines. L'accumulation des toxines peut avoir un effet sur la fonction immunitaire, la perméabilité intestinale, la digestion et l'assimilation des nutriments et elle accroît encore davantage le déséquilibre microbien.

Conséquences des lésions intestinales :

Comme des études menées sur l'ischémie et la réperfusion en font foi, la muqueuse intestinale est particulièrement sensible aux effets du stress oxydatif causé par la production de radicaux superoxyde et hydroxyle. Ces études révèlent en effet la présence d'ulcération intestinale et de l'estomac lorsqu'il y a stress. L'inflammation attribuable aux infections microbiennes, aux allergies alimentaires, aux toxines endogènes et exogènes ainsi qu'un état nutritionnel sous-optimal rendent le tissu gastro-intestinal moins résistant au stress oxydatif. Il ne faut pas perdre de vue le fait que l'auto-immunité gastro-intestinale pourrait être l'une des causes de l'inflammation intestinale chronique, particulièrement lorsqu'il y a présence de métaux lourds qui jouent un rôle important au plan de l'oxydation.

Facteurs qui accroissent le stress oxydatif dans l'intestin

Étude pilote sur l'état nutritionnel des enfants autistes

Groupe de réflexion du DAN 2000, Phœnix (Arizona)

La plupart des enfants autistes présentent les caractéristiques suivantes :

Chez de nombreux enfants autistes, on retrouve les caractéristiques suivantes :

Waring a noté un faible taux de sulfate dans le sang et une importante élimination de sulfate dans l'urine (ainsi qu'une protéinurie) chez la plupart des enfants autistes. Pour en savoir plus sur les études qui ont été publiées sur l'état nutritionnel des enfants autistes et présentant un TDAH et sur le lien entre métaux lourds et autisme, consultez le site Internet suivant : www.woodymcginnis.com.

Troubles gastro-intestinaux : traitements bénéfiques présentement utilisés

Stratégie : quantités suffisantes des nutriments essentiels

Nutrition et fonction gastro-intestinale

Antécédents et signes révélateurs

Une carence en acides gras se traduit par une peau et des cheveux secs, des allergies, une soif excessive, des infections fréquentes et une dyspraxie. Des taches blanches sur les ongles et la chute des cheveux sont le signe d'une carence en zinc, un regard fuyant, d'une carence en vitamine A et les éruptions cutanées et une attirance particulière pour les glucides, d'une prolifération fongique. On note également des anomalies en ce qui concerne la consistance des selles et leur fréquence et une réponse positive à la suite de tests de provocation par des aliments.

Analyses de laboratoire

Il faut choisir des méthodes précises afin d'évaluer l'état nutritionnel, comme les taux de minéraux dans les GR (intracellulaires) et d'acides gras dans la membrane du GR ainsi que le titrage des vitamines. En ce qui concerne les nutriments essentiels, un traitement est recommandé lorsque les taux révélés par les analyses de laboratoire sont de faibles à normaux et il faut également effectuer un suivi afin de vérifier s'il y a amélioration à la suite du traitement.

De nouvelles méthodes d'analyse, qui permettent entre autres de mesurer les taux d'IgG dans le sang et d'acides organiques urinaires, sont très utiles.

Traitement recommandé

Orientations futures

Les taux de mercure dans les selles ou les différentes formes de mercure que l'on retrouve dans les selles sont des facteurs importants, et les analyses visant à déterminer ces taux sont relativement peu coûteuses. Il pourrait y avoir un lien entre le métabolisme du mercure et la diminution du taux de sulfate dans la flore intestinale, et cela pourrait se produire via la dégradation de la mucine. Le métabolisme du mercure dans l'intestin peut produire des sulfures toxiques. La prise d'antibiotiques peut avoir un effet marqué sur la flore intestinale, c'est-à-dire qu'elle peut entraîner une résistance au mercure, ce qui a pour conséquence de réduire sa capacité à le métaboliser. Parmi les agents qui favorisent la méthylation du mercure, on retrouve le candida, les staphylocoques, les streptocoques et l' E. coli. La volatilité du mercure peut s'accroître à la suite de la prise d'antibiotiques.

La prolifération bactérienne dans l'intestin grêle, pour laquelle la stase ou l'hyperplasie lymphoïde nodulaire constituent des facteurs de risque, peut être diagnostiquée grâce au test de mesure de l'hydrogène respiratoire (pratique pour les enfants autistes). D'autres méthodes peuvent permettre de déterminer cette prolifération. La prolifération microbienne peut entraîner l'excrétion fécale de métabolites toxiques des acides biliaires chez les enfants autistes. L'un de ces métabolites, l'acide lithocholique, est très toxiques chez les animaux, mais il n'a pas fait l'objet d'analyses chez les personnes autistes. Chez celles qui composent certains sous-groupes, il serait bon de déterminer la présence de taux excessifs de D-lactate dans les selles.

Environ la moitié du mercure qui provient de l'incinération et de la combustion de combustible fossile se retrouve sous forme de sels qui se fixent aisément dans l'intestin. Ce genre de mercure inorganique (tout comme c'est le cas pour le cadmium) se retrouve dans les boues des effluents, utilisées pour la fertilisation des cultures vivrières. Une biopsie intestinale peut permettre de révéler des taux élevés de mercure ou de cadmium chez les personnes autistes, particulièrement celles qui présentent un autisme régressif récent.

Il semble essentiel de mettre au point un bon agent séquestrant qui puisse se lier aisément aux métaux lourds présents dans l'intestin des enfants autistes.